La « libre circulation » attendra

Depuis des années, on en parle beaucoup : la libre circulation des biens et des personnes en Afrique de l’Ouest, ou plus précisément entre les pays de la Cédéao (la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest).

Une évocation des transports en commun maliens, au Musée national du Mali / A representation of Mali's means of tranport, at the National Museum in Bamako

Une évocation des transports en commun maliens, au Musée national du Mali / A representation of Mali’s means of tranport, at the National Museum in Bamako

Cette libre circulation, pratiquée dans l’Union européenne (où elle a subi quelques attaques), doit rapprocher les peuples, favoriser les échanges, booster l’économie… Quelle chouette invention !

Mais que se passe-t-il quant on passe une frontière entre deux pays de la Cédéao, comme je l’ai fait il y a quelques jours à Kidira ? Les camions de marchandises, indispensables à l’approvisionnement du Mali enclavé, forment de longues files d’attente des deux côtés de la frontière. Aucun parking n’est prévu pour cela, ils sont garés sur le bord de la chaussée, ne laissant qu’une seule voie de circulation.

Combien de temps attendent-ils là ? Un éleveur de poulet de Kayes m’a expliqué que certains de ces camions attendent pendant deux jours entiers. Un effort est consenti sur les produits périssables : les chargements de poussins que cet éleveur fait régulièrement venir du Sénégal parviennent à passer la frontière rapidement.

Une fois les contrôles terminés, les chauffeurs ne sont pas au bout de leur peine. S’ils vont jusqu’à Bamako, ils devront passer plusieurs autres points de contrôle, et sans doute patienter assez longtemps à Kati, à l’entrée de Bamako.

Qu’en est-il de la libre circulation des personnes ? Des Sénégalais qui voyageaient avec moi jusqu’à Kayes m’ont expliqué qu’ils doivent payer 1.000 francs CFA chacun à chaque contrôle de police. Apparemment, la même « taxe » vaut pour les Maliens au Sénégal. Et j’avais pu constater à la frontière entre le Bénin et le Togo que cette pratique est assez « librement » partagée.

Il y a différentes raisons qui peuvent expliquer ce genre de pratiques, notamment la faiblesse des salaires des fonctionnaires. Mais si les salaires augmentent, ces pratiques disparaîtront-elles d’elles-mêmes ?

1.000 francs CFA représentent environ 1,5 euro / 1.000 francs CFA represent about 1,5 euro

1.000 francs CFA représentent environ 1,5 euro / 1.000 francs CFA represent about 1,5 euro

“Freedom of movement”, you said?

One subject has been discussed a lot in the last years: the freedom of movement for goods and people in West Africa, or more precisely in the Ecowas (Economic Community of West African States) countries.

This freedom of movement, already a reality (though also discussed) in the European Union, is supposed to bring a lot of improvement: make people closer to one another, boost trade and economy. Nice invention it is, the freedom of movement!

But what happens when you cross a border between two Ecowas countries, like I did a few days ago in Kidira? Goods’ trucks, vital for landlocked Mali, wait in long lines along the road, on both sides of the border. No waiting zone for those trucks, they leave just enough place on the road for one vehicle to drive through.

How long do they wait? A chicken farmer from Kayes (Mali) tells me some have to wait for two days. Perishable good’s enjoy a better treatment, the farmer says. He imports almost every week young chickens from Senegal.

Once through those controls, the drivers are not done yet. If they’re driving to Bamako, they will probably get controlled a few more times, and wait for a (long) while in Kati, just outside Bamako.

What about freedom of movement for people? Senegalese men were travelling with me to Kayes. They told me they have to pay 1.000 francs CFA at every single police check point. People from Mali get the same treatment in Senegal, it seems. And I witnessed similar « taxing » at the border between Togo and Benin last year.

Several reasons can explain these practices, first of all the low wages of policemen. But if the wages get higher, will these practices disappear?

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3 commentaires pour La « libre circulation » attendra

  1. Le Capitaine de Circé dit :

    Coucou de sous la pluie froide et glaciale de novembre ! J’espère que tu es moins mouillé (sauf de sueur!) et plus sec (sauf dans le ton, s’il te plaît!) et que ta vadrouille te plaît toujours autant.
    En tout cas, continue sur cette lancée, sur ce ton (j’aime bien !).
    Grâce à toi, on a un peu de soleil sur l’écran quand on voit tes photos, c’est bon à prendre…
    J’ai gavé les « miss-sushis » à ta place jeudi dernier… C’était bon!

    Bises d’Outre-Rhin

  2. R2dulundi dit :

    A y est, j’ai rattrapé mon retard en e-lecture. Ah, c’est bon de refaire quelques périples avec tes yeux. Et de découvrir de nouvelles choses au gré des (chouettes!) photos. Merci. Ca fait envie… malgré tout!!! Bonne suite et distribue tout ce que tu peux de bisous à qui tu sais.

  3. R2dulundi dit :

    PS: Rappel aux visiteurs de ce blog. Il reste encore 39 jours et 160 euros à réunir pour participer au financement de ce projet. Allez, un petit effort: http://www.kisskissbankbank.com/afrique-aller-pas-simple?ref=category

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