Plus de frontière entre Bouaké et Abidjan

Pouvoir traverser la Côte d’Ivoire du nord au sud comme je l’ai fait il y a quelques jours n’a rien d’une évidence. Au cours des dix dernières années, et jusqu’à l’épilogue de la « crise post-électorale » de 2011, le pays vivait coupé en deux, plus ou moins selon les périodes de tension ou de détente, et ce depuis 2002. Bouaké était la « capitale » du Nord.

À Bouaké, la voie ferrée qui relie la Côte d'Ivoire au Burkina Faso / In Bouaké, the railway to Burkina Faso

À Bouaké, la voie ferrée qui relie la Côte d’Ivoire au Burkina Faso / In Bouaké, the railway to Burkina Faso

Bref rappel historique :

  • le premier président ivoirien, Felix Houphouët-Boigny, reste au pouvoir pendant 33 ans, jusqu’à sa mort en 1993.
  • l’homme qui lui succède à la présidence, Henri Konan Bédié, est renversé par un coup d’État en 1999. Sous la pression, les militaires rendent le pouvoir aux civils et c’est Laurent Gbagbo qui est déclaré vainqueur de la présidentielle d’octobre 2000.
  • en désaccord avec ce résultat, des soldats rebelles qui avaient trouvé refuge au Burkina Faso (les futures « Forces nouvelles ») tentent de prendre le contrôle des grandes villes du pays en septembre 2002. Ils prennent Korhogo et Bouaké, mais échouent à prendre Abidjan.

La frontière entre le Nord, tenu par les Forces nouvelles de l’actuel président de l’Assemblée nationale Guillaume Soro (allié du président Alassane Ouattara), et le Sud contrôlé par le régime de Laurent Gbagbo passait entre Bouaké et Yamoussoukro.

Un pays coupé en deux

Toute l’activité économique et sociale du pays en a été bouleversée. Le Nord s’est tourné vers ses voisins : le Mali et le Burkina Faso. Une grosse partie du fret qui circulait via la Côte d’Ivoire vers les pays enclavés a été détournée vers d’autres ports, au Ghana, au Togo ou au Bénin.

Aujourd’hui, le pays semble se redresser. J’ai pu constater qu’on peut voyager facilement depuis le Mali jusqu’à Abidjan (certains bus vont même directement de Bamako jusqu’au Bénin).

Un problème assez grave subsiste, surtout au Nord, celui des « coupeurs de route ». Il s’agit d’anciens combattants, toujours armés, et qui n’ont pas pu être intégrés dans l’armée ou amenés à déposer les armes. Le nombre d’attaques est en baisse, mais il faudra sans doute plusieurs années pour que l’État parvienne à assurer la sécurité sur les routes, surtout la nuit.

Une "station service" improvisée à Yamoussoukro / A "gas station" in Yamoussoukro

Une « station service » improvisée à Yamoussoukro / A « gas station » in Yamoussoukro

No more border between Bouaké and Abidjan

It’s not obvious to be able to travel from the north to the south of Ivory Coast, like I did a few days ago. In the past ten years and until the end of the « post-election crisis » of 2011, the country had been divided into two since 2002. More or less so, depending on the tension periods or the quieter times. Bouaké was the « capital town » of the North.

A bit of background:

  • the first president of Ivory Coast, Felix Houphouët-Boigny, staid in power for more than 33 years, until is death in 1993.
  • his successor, Henri Konan Bédié, is overthrown my the military in 1999. Under international and local pressure, the military gives the power back to civilians. In October 2000, Laurent Gbagbo is recognized as the winner of the presidential election.
  • rebel soldiers (later known as « Forces nouvelles ») who disapprove of this result and who had been training in Burkina Faso, try to take control of several important towns in September 2002. They seize Korhogo and Bouaké, but their assault on Abidjan fails.

The border between the North, controlled by the « Forces nouvelles » of Guillaume Soro (now president of the Parliament and ally of president Alassane Ouattara), and the South controlled by Laurent Gbagbo’s regime, was somewhere between Bouaké and Yamoussoukro.

A country divided into two

All the social and economic activity of the country has been deeply transformed by this situation. The North has been strengthening its links with northern neighbours : Mali and Burkina Faso. And a big part of the freight that was travelling through Ivory Coast to those countries had to travel through other harbours, in Ghana, Togo or Benin.

Now, the country seems to be recovering. I can testify it’s easy to travel from Mali to Abidjan (somes buses even go as far as Benin, starting in Bamako).

A serious problem remains, especially in the North: the road cutters (« coupeurs de routes »). They are former fighters, who could not be integrated in the new army or forced to give back their weapons. The number of attacks has decreased, but it will probably take a few more years for the State to secure all the roads, especially at night.

La "skyline" du quartier du Plateau à Abidjan / The buildings of the Plateau neighbourhood in Abidjan

La « skyline » du quartier du Plateau à Abidjan / The buildings of the Plateau neighbourhood in Abidjan

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