Accra, reine des embouteillages ?

Je pensais avoir vu des bouchons de haut niveau à Abidjan… et puis j’ai découvert Accra.

Accra, c’est le genre de ville où tu dois réfléchir longtemps avant de prendre la décision de te déplacer. Des premières heures du jour à la tombée de la nuit, la ville est un immense embouteillage. Alors on se dit : je vais attendre la fin de l’heure de pointe le matin et partir plutôt vers 10 heures. On se retrouve tout de même dans les bouchons.

Le défi, c'est de réussir à comprendre ce que dit le monsieur dans le tro-tro / The trick is to be able to understand what the guy in the tro-tro says

Le défi, c’est de réussir à comprendre ce que dit le monsieur dans le tro-tro / The trick is to be able to understand what the guy in the tro-tro says

C’est à se demander comment les habitants de la capitale font pour parvenir à se rendre à leur travail. Pour aller faire les courses. Pour aller à l’hôpital. Pire : comment font les services de secours pour trouver une place dans cette circulation ? Et tout ça dans un nuage de gaz d’échappement aussi dense que les embouteillages (même si en la matière, Cotonou et ses motos sont sans doute encore pires).

Le covoiturage est une nécessité

Pourtant, si l’on compare avec une ville européenne, la plupart des véhicules sont quasiment pleins. Il est très rare de voir une personne seule dans sa voiture. Le « covoiturage » est une nécessité. Le principal mode de transport en commun est le « tro-tro », un van qui, généralement, a déjà bien vécu, et dont on connaît la destination grâce au jeune homme qui gueule depuis la fenêtre de sa porte coulissante.

À Abidjan comme à Accra (ou doit-on dire « en Abidjan » et « en Accra » ?), le nombre de véhicules a augmenté de manière complètement incontrôlée ces dernières années. Les mêmes rues, dont le tracé date parfois de l’époque coloniale, doivent supporter deux fois, trois fois plus de véhicules qu’il y a dix ans.

Cette question des embouteillages est déjà un casse-tête pour une ville européenne, dont la population n’évolue quasiment pas. Mais ces villes continuent de croître et elles sont loin d’avoir les moyens d’investir dans un métro ou un tramway, comme le soulignait l’économiste des transports Zoro Bi Nagoné.

Attendre encore dix ans ?

Or, ces bouchons (et cette pollution) sont aussi des obstacles au développement. Tout ce qui amène une personne à renoncer à un déplacement ou à passer trois fois plus de temps que nécessaire en route est une perte pour l’activité économique.

La solution passera sans doute par une aide internationale (avec quelles contreparties ?). On peut le voir en Europe, la mise en œuvre d’un bus en site propre ou d’un tramway peut prendre dix ans ou plus, entre les études de faisabilité et la mise en service. Ces villes peuvent-elles se permettre d’attendre dix ans ?

À Abidjan, les embouteillages se concentrent en particulier au Plateau / In Abidjan, the traffic jams are especially bad around the Plateau neighbourhood

À Abidjan, les embouteillages se concentrent en particulier au Plateau / In Abidjan, the traffic jams are especially bad around the Plateau neighbourhood

Accra, queen of the traffic jam?

I thought I had seen very high level traffic jams in Abidjan… And then I discovered Accra.

Accra is the kind of city where you should think twice before driving anywhere. From the early hours to dusk, the city is a huge traffic jam. So you think: I’m gonna wait until after the rush hour and leave at 10 a.m. You still end up in a traffic jam.

I ask myself how the people do to go to work. Or to go shopping. Go to the hospital… How do ambulances and firemen manage to go through the traffic? And all this in a thick cloud of fumes, as thick as the traffic jam (even if, in this matter, Cotonou and its motorbikes are probably worse).

Carsharing is a necessity

If you compare with Europe, you see that most of the vehicles in Accra or Abidjan are full or at least it’s rare to see a car with only one person in it. Carsharing is a necessity.

The main mean of public transport in Accra is the “tro-tro”. It’s a van that has seen some better days. And you know where it’s going thanks to the guy at the window shouting the destination.

Both in Abidjan and Accra, le number of vehicles has increased in an incontrollable way in the last years. The same streets, some of them dating back from the colonial time, have to carry twice or three times as many vehicles as ten years ago.

This question of the traffic jams is already a huge problem for European cities, which population is more or less stable. But those cities keep growing and they don’t have the financial means to build a subway or a tram, like underlined by transport economist Zoro Bi Nagoné.

Wait ten more years?

Those traffic jams (and the related pollution) are also obstacles to the development. Every single thing that keeps the people from driving somewhere or that lets them spend to much time on the road is a loss for the economic activity.

The solution will probably come from projects funded with international aid (but with what kind of compensation?). We can see in Europe that building a BRT or a tram can take ten years or more, from the moment it is planed to the moment it’s ready. Can those cities wait ten years?

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