Qui a dit que le train était confortable ?

Lorsque j’ai baptisé ce blog « Afrique : Aller (pas) simple », je ne pensais pas que les moyens de transports allaient prendre l’expression au pied de la lettre…

Le train venant du nord arrive à Yaoundé au moment où nous partons / The train coming from North Cameroon enters Yaoundé train station just before we leave

Le train venant du nord arrive à Yaoundé au moment où nous partons / The train coming from North Cameroon enters Yaoundé train station just before we leave

Tout avait pourtant bien commencé ce matin. J’avais réussi à trouver un taxi en moins de cinq minutes. Et ce n’est pas une mince affaire à Yaoundé.

Arrivé à la gare avant 6h30, je commence à attendre l’ouverture des guichets. Je suis plutôt confiant, le trajet Douala-Yaoundé, quelques jours plus tôt, s’est très bien passé. Je m’apprête à refaire le parcours en sens inverse.

Foule de fin d’année

Mais c’est le lundi juste avant Noël, et il y a déjà foule. Vers 6h45, un guichet ouvre. Un seul. Pour plusieurs dizaines, bientôt plusieurs centaines de passagers en partance pour Douala ou les villes situées sur le parcours.

Je me rends compte rapidement que je ne suis pas dans un jour de grande patience. Je vais voir les trois agents de sécurité et leur demande s’il n’est pas possible d’appeler un responsable de la société Camrail (contrôlée par Bolloré Africa Logistics), car les minutes passent et la caissière, débordée, n’arrive pas à vendre les billets suffisamment vite.

Entre effet foule et bonne idée

Dans ce genre de circonstances, c’est très vite la bousculade. Mais une dame parvient à proposer une solution : elle commence à faire une liste des passagers et à récolter l’argent pour pouvoir accélérer la vente. Toujours pas de deuxième guichet.

Je fais inscrire mon nom sur la liste. On m’apprend qu’il n’y a que des places de seconde classe dans ce train. Le temps que j’aille vérifier auprès des agents de sécurité, mon nom a été rayé de la liste.

Plein, le train ?

On approche de l’heure du départ, 7h40, et on entend des gens affirmer que le train est déjà plein.

J’essaye à nouveau de négocier avec les agents de sécurité : ne peut-on pas acheter le billet dans le train ? Tout le monde était là à l’heure et c’est un problème d’organisation chez Camrail qui provoque la cohue… Ils disent ne rien pouvoir faire.

Mon nom se retrouve sur une deuxième liste. Et c’est ce moment que choisissent deux responsables de la compagnie pour débarquer et confirmer que le train est plein.

Attendre 13h…

C’est le flottement dans les minutes suivantes. Les responsables sont sommés de s’expliquer. L’un des deux, plus adroit, tente de calmer le jeu. Il promet des places dans le train de 13 heures, parle de la sécurité des passagers…

Et finalement, coup de théâtre : un wagon a été rajouté. À 8h20, le train part… il n’arrivera à Douala que sept heures plus tard !

Les passagers voient rouge

En effet, il n’y a pas qu’à Yaoundé que les gens veulent voyager à la période des fêtes. À la deuxième station, Makak, on frôle l’émeute. Les bagages entrent par les fenêtres. Les enfants aussi. Un père de famille est particulièrement remonté. Un bébé dans les bras, dans une chaleur étouffante, il est à deux doigts de casser la fenêtre pour faire entrer plus d’air.

Le compartiment où je me trouve, prévu pour 24 personnes assises, en accueille bientôt une soixantaine (pour ceux qui connaissent les trains la nuit pendant le Karneval de Cologne, c’est un peu semblable, sauf qu’il fait plus de 30 degrés et une forte humidité).

Le train parvient finalement à repartir. Vu le poids du convoi, je serre un peu les fesses au passage des viaducs.

L’une des fillettes du papa remonté passe une petite heure sur mes genoux. Puis toute la famille descend à la station suivante.

Tant qu’il y a de l’humour

Le plus dur est passé, ou presque. Le reste du trajet est marqué par plusieurs arrêts pour cause de pannes. Bien sûr, aucune communication de la part du personnel. Les haltes en gare sont longues, foule oblige. Mais globalement, mes voisins de galère gardent plutôt leur bonne humeur.

Moi j’ai passé le trajet dans une torpeur désagréable, chauffé par le soleil (j’étais assis côté sud), incapable de vraiment me concentrer sur mon livre ou de dormir. La seule chose que j’ai vraiment réussi à faire, c’est transpirer.

En panne au milieu de la forêt camerounaise / Stuck in the middle of Cameroon's forest

En panne au milieu de la forêt camerounaise / Stuck in the middle of Cameroon’s forest

Who said train travels are comfortable?

When I baptised this blog « Afrique : Aller (pas) simple », I didn’t think the means of transport would take it that seriously.

All started pretty well this morning. I managed to get a cab after less than five minutes. And that’s not easy in Yaoundé.

I was at the train station before 6.30 a.m. and I started to wait for the counters to open. I was quite confident, since I had been travelling the same railway a few days before, coming from Douala. And I was about to go back to Douala.

Christmas crowd

But… today was the last Monday before Christmas and it was already quite crowded at the station. The first counter opened at 6.45. Only one counter. For hundreds of passengers travelling to Douala or the different towns along the way.

I happened to be in one of those days where my patience is limited. I go and talk to the three security agents. I ask them if it’s not possible to call someone from the Camrail (controlled by Bolloré Africa Logistics) company because time is running and the cashier is overwhelmed. She’s not fast enough for all those passengers.

The crowd effect and one good idea

In this kind of circumstances, the crowd can be very wild. But a woman finds the start of a solution: she writes a list of the passengers and collects money. The second counter is still closed.

I have my name written on the list. And that’s when I learn there’s no first class in this train. The time it takes me to go and check this, my name as been erased from the list.

The train is full?

Departure time  – 7.40 a.m. – is approaching and we hear people saying the train is full.

I try once more to negotiate with the security agents: can’t we buy the tickets inside the train? Everyone was here on time and it’s Camrail’s organization problems that led to this chaos… They answer they can’t do a thing.

My name is put on a second list. And that’s when two men from Camrail arrive, confirming the train is full.

Waiting for the 1 o’clock…

A lot happens in the next few minutes. The Camrail men are asked to explain today’s chaos. One of them, cleverer, tries to calm the people. He swears we’ll get places on the 1 a.m. train, talks about the passenger’s security…

And suddenly, what a turn of event: a carriage has been added. At 8.20 a.m. the train leaves with us onboard. He will arrive in Douala 7 hours later!

Riot mood

Indeed, the people from Yaoundé are not the only ones who want to travel at this time of year. At the second station, Makak, we’re not far from a riot. Luggage enters the train through the windows. Children too. A father is obviously very angry. With a baby in his arms, in an oppressive heat, he almost slams the window to let more air come in.

The compartment where I sit is made for 24 people, sitting. We’re almost sixty inside (for those who know Karneval time in Cologne, it’s a bit similar but with more than 30 degrees and a high humidity).

The train finally starts again. Considering how heavy we are, I’m not very confident when we pass bridges.

One of the kids of the angry father sits on my lap for a short hour. Then the family gets out at the next station.

Humour still alive

It was the craziest part. During the rest of the travel, we had to stop a few times because of technical problems. Of course, the company did not say a word to us. At every station, the stops were very long. But my neighbours kept their humour.

What about me? I spend the trip in an unpleasant drowsiness, cooked by the sun (I was sitting on the South side), unable to concentrate on my book, unable to sleep. The only thing I really managed to do: sweating…

Dernier rebondissement : je suis descendu à la mauvaise gare (mais j'ai eu le temps de remonter dans le train) / Last bump in the road: I got out at the wrong station (but I managed to get on the train again)

Dernier rebondissement : je suis descendu à la mauvaise gare (mais j’ai eu le temps de remonter dans le train) / Last bump in the road: I got out at the wrong station (but I managed to get on the train again)

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