La Namibie, oubliée des médias ?

Après trois semaines passées en Namibie, j’ai finalement atteint Le Cap samedi. L’Afrique du Sud est le septième et dernier pays de ce voyage.

La Namibie a dû attendre la chute du régime d'apartheid sud-africain pour accéder à l'indépendance / Namibia became independent only after the fall of the apartheid regime in South Africa

La Namibie a dû attendre la chute du régime d’apartheid sud-africain pour accéder à l’indépendance / Namibia became independent only after the fall of the apartheid regime in South Africa

La Namibie a été généreuse avec moi. Comme souvent depuis mon départ le 20 octobre, j’ai pu compter sur l’aide de mes contacts sur place. Ils m’ont fait découvrir un pays à l’histoire complexe et passionnante : une histoire ponctuée par les conflits entre peuples autochtones (pour le contrôle du bétail notamment), par l’arrivée des missionnaires et des marchands blancs au XIXe siècle, par les périodes coloniales allemande (jusqu’à la Première Guerre mondiale), puis sud-africaine (jusqu’en 1990).

Une histoire qui a aussi permis au pays d’atteindre un niveau de développement relativement élevé (comparable à celui de l’Afrique du Sud ou du Botswana), mais avec des écarts de richesse très marqués.

Rugby, uranium et rhinos

La Namibie est quasiment absente des médias francophones. Quand elle apparaît, c’est généralement pour parler rugby, uranium ou rhinocéros.

Ou bien pour revenir sur la répression par l’armée du Kaiser allemand des soulèvements des Héréro et des Nama, au début du XXe siècle. Le sujet est extrêmement sensible dans un pays indépendant depuis moins de 25 ans, qui doit donc se construire une histoire.

Beaucoup en Namibie affirment que l’Allemagne d’alors a tenté d’exterminer les Héréro et les Nama. Certaines déclarations de l’époque, notamment de la part du général Lothar von Trotha, viennent soutenir cette version. La mauvaise conscience de l’Allemagne d’aujourd’hui vis-à-vis de son histoire moderne ne contribue pas à un débat apaisé.

De plus, il n’existe pas, à ma connaissance, de témoignages recueillis du côté des Héréro ou des Nama. C’est donc largement sur les récits des blancs que la recherche actuelle doit se baser.

Cela mérite de creuser un peu

Or, ces récits donnent une image peu glorieuse de l’armée allemande (Schutztruppe) de l’époque. Une armée peu préparée aux conditions locales : chaleur, maladies, animaux sauvages… Sans compter la résistance surprenante des Héréro et surtout des Nama.

Après ce séjour, je ne sais quoi penser. Je retiens ces images de prisonniers héréro décharnés dans les camps allemands, mais aussi les civils blancs assassinés dans leurs fermes, les gamins de 20 ans envoyés à la guerre à l’autre bout du monde pour combattre sur un terrain hostile.

Et puis je connais (un peu) les médias, ils aiment les histoires simples.

Or, cette histoire a bien l’air d’être tout sauf simple. Je vais donc me plonger dans les ouvrages historiques dès mon retour et il n’est pas impossible que la Namibie me voie revenir un de ces jours.

Pour comprendre à quel point ce passé colonial est toujours très actuel, vous pouvez écouter mon dernier reportage, diffusé ce week-end sur la Deutsche Welle.

Un cimetière militaire près du site de la bataille de Waterberg (1904) / A military cemetery near the site of the Waterberg battle (1904)

Un cimetière militaire près du site de la bataille de Waterberg (1904) / A military cemetery near the site of the Waterberg battle (1904)

Namibia, forgotten by the media?

After three weeks spent in Namibia, I finally reached Cape Town on Saturday. South Africa is the 7th and las country of this trip.

Namibia has been generous with me. Like often since my departure on October 20th, I could count on the help of my contacts on the ground. They made me discover a country that has a really complex and interesting history: a history marked by conflicts between indigenous people (for the control of livestock in particular), by the arrival of white missionaries and traders in the 19th century, by the German (until World War 1) and South-African (until 1990) colonial periods.

A history that has allowed Namibia to be one of the most developed countries in Africa (comparable with South Africa and Botswana), but with very big differences in wealth.

Rugby, uranium and rhinos

Namibia is almost non-existent in the francophone media. When it appears, it usually is for talking about rugby, uranium or rhinoceros.

Or to deal with the repression, by the army of the German Kaiser, of the uprisings of the Herero and Nama at the beginning of the 20th century. The subject is very sensitive in a country that has been independent for less than 25 years. A country that still needs to build its own history.

In Namibia, many argue that Germany tried to exterminate the Herero and Nama people at that time. Some statements made during the repression, especially by General Lothar von Trotha, support this version. And the bad conscience of modern Germany regarding its modern past does not contribute to a calm debate.

Moreover, for what I know, no testimonies of Herero or Nama people have been gathered. Modern research has to be based on accounts from the white (soldiers or civilians).

Feel like learning more

Those accounts don’t give a very glorious image of the German army. This army (Schutztruppe) was unprepared for the local conditions: heat, diseases, wild animals. And they encountered an unexpected resistance from the Herero and especially the Nama.

After this trip, I don’t really know what to think. I keep in mind the pictures of emaciated Herero prisoners in the German camps, but also the white civilians killed on their farms, the 20-year old kids sent to war on the other side of the world to fight on a hostile ground.

Then, I also know a few things about the media and they do like simple stories.

And this story doesn’t look simple at all. So I think I will start reading historical accounts as soon as I get back and Namibia might see me come back one of those days.

If you wanna see how very a present is this colonial past (and if you understand French), you can listen to my last report, broadcasted last weekend on Deutsche Welle.

La statue du Cavalier ou "Reiterdenkmal" a été démontée au cours de la nuit de Noël 2013 / The "Reiterdenkmal" or Rider of the South-West has been dismantled during the 2013 Christmas night

La statue du Cavalier ou « Reiterdenkmal » a été démontée au cours de la nuit de Noël 2013 / The « Reiterdenkmal » or Rider of the South-West has been dismantled during the 2013 Christmas night

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