Douala et le vol raté de mon sac à dos

En arrivant samedi en Allemagne, après trois avions et un trajet en S-Bahn, j’ai eu la bonne surprise de me voir offrir un petit voyage à la fourrière. Et la facture était bien en euros, pas en dollars namibiens.

Ça me fait penser que je ne vous ai pas raconté la petite mésaventure vécue pendant mes derniers jours à Douala.

J’avais décidé d’emprunter un nouvel itinéraire pour parcourir, à pied, les quelques centaines de mètres entre mon hôtel et Bonanjo, le centre-ville. Ayant dépassé le rond-point du port, j’étais en train de remonter la colline menant à Bonanjo quand j’ai senti mon sac à dos me tirer vers l’arrière.

Pas convaincu

J’ai l’habitude de tenir toujours l’une des bretelles du sac, je me suis donc retrouvé face à face avec un homme noir. Jeune, je pense. Disons la trentaine. Je ne me souviens pas de grand chose. Il m’a sorti une phrase du genre : « lâche le sac, je te coupe ». J’ai regardé s’il avait un couteau. Pas de couteau. Il semblait n’être pas très convaincu par sa « démarche ». Sa main hésitait sur le sac.

J’ai essayé de saisir la scène. Les voitures qui remontaient du rond-point, les regards des conducteurs et passagers. J’ai crié « dégage ». Plusieurs fois.

Concert de klaxons

Et surtout, les voitures ont commencé à klaxonner. La main a lâché le sac. Il a sans doute couru. Je ne me souviens pas de l’avoir vu quitter mon champ de vision.

L’un des automobilistes qui s’était arrêté m’a fait monter et déposé un peu plus loin. Il s’appelle Guy-Roger.

Le rond-point où mon sac a voulu me fausser compagnie / The roundabout where my bag tried to escape

Le rond-point où mon sac a voulu me fausser compagnie / The roundabout where my bag tried to escape

Cet incident est assez à l’image du Cameroun : attachant et insupportable.

Bien sûr, j’ai raconté cette histoire à des amis à Douala. Et tout le monde m’a répondu : mais c’est bien connu, il ne faut pas passer par là. Il y a des jeunes désœuvrés qui attaquent les passants. Des Tchadiens, paraît-il.

La police veille

Je me suis étonné : « Mais il y a un poste de police à moins de 200 mètres ! »

Ce no man’s land et ses dangers ne sont pas nouveaux, d’après ce que l’on m’a dit. Un jour, un responsable de la ville qui entendait les gens se plaindre de ces attaques s’est rendu sur place avec son garde du corps. Et ça n’a pas raté : il a été agressé.

C’est ce qui a entraîné l’ouverture du dit poste de police.

Ce qui n’a rien changé à l’insécurité de cette zone. Allez comprendre…

Douala and the failed theft of my backpack

Arriving home on Saturday, after three flights and a S-Bahn ride, I had the nice surprise of getting a « free » travel to the car pound. And the bill had to be paid in euro, not in Namibian dollars.

That reminds me I haven’t told you about the little misadventure I had during my last few days in Douala.

I had decided to take a new itinerary to walk the few hundred meters from my hotel to Bonanjo, the city center. After passing the harbour’s roundabout, I was walking up the hill towards Bonanjo, when I felt that my bag was pulling me in the other direction.

Not convinced

I’m used to always hold one of the straps of my bag, so I found myself facing a black man. Quite young, I think. About 30. I don’t remember much about him. He said something like: « let go of the bag, I cut you ». So I watched to see if he had a knife. No knife. He didn’t seem to be very convinced of this « approach ». His hand was hesitating.

I tried to capture the scene. Cars driving up from the roundabout, drivers and passengers looking at us. I shouted « go away ». Several times.

Honking concert

And more importantly, a few cars started honking. His hand let go of the bag. He might have run away. I can’t remember seeing him leaving my field of vision.

One of the drivers who had stopped let me get on his car and drove me downtown. His name is Guy-Roger.

À Douala, les zones limitrophes entre quartiers sont souvent dangereuses / In Douala, areas located at the border of two neighbourhoods are often dangerous

À Douala, les zones limitrophes entre quartiers sont souvent dangereuses / In Douala, areas located at the border of two neighbourhoods are often dangerous

This incident looks a bit like my whole Cameroon-experience. The country is both endearing and unbearable.

Of course, I told this story to my friends in Douala. And they answered: everybody knows that, you shouldn’t walk this way. Young unemployed people attack the people who pass by. They come from Chad, so the common belief.

The police is there…

I was very surprised: « But there’s a police station less than 200 meters away! »

This no man’s land and its dangers are not new. Once, a city official who kept hearing the complaints of people about these attacks decided to go and check by himself. With his bodyguard. And… he was assaulted.

That’s when the police station was opened.

But it didn’t change anything to the insecurity in this area. Go figure…

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2 commentaires pour Douala et le vol raté de mon sac à dos

  1. powi dit :

    t’as fait quoi à la fourrière ?

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